segunda-feira, 18 de maio de 2020

Alain Juillet: As Lições do "Coronavírus"

O ex-patrão da 'secreta' francesa, Alain Juillet, tira as lições (para as empresas, Estados e sistema global) da crise sanitária numa 'União Europeia' que "s’est révélée incapable de répondre à la crise par des actions communes" e mostrou que "tous les Etats pratiquent le chacun pour soi"... Grande mestre da 'inteligência económica', Alain Juillet acusa as lideranças políticas da UE de não terem sabido (ou sequer querido...) usar esta "ferramenta" que podia ter-lhes evitado o serem surpreendidos pelo vírus de Wuhan e, portanto, estarem preparados e não haver necessidade de um 'confinamento' que parou a economia e gerou uma crise económica de dimensões incalculáveis. Conclusão: "Enfin il est temps de pratiquer réellement l'intelligence économique..."

Alain Juillet: Ancien Directeur du renseignement à la DGSE de 2002 à 2003, Alain Juillet a ensuite occupé jusqu'en 2009 les fonctions de Haut responsable à l'intelligence économique, rattaché au Premier Ministre. Conseiller au Cabinet Orrick Rambaud Martel, il est également Président de l'Académie d'Intelligence Economique.

































Coronavírus: Patriotisme Économique et Solidarité Nationale

Contrairement aux affirmations sur l’unité des pays européens la crise sanitaire que nous vivons a montré en vraie grandeur, pour ceux qui l’ignoraient, que tous les Etats pratiquent le chacun pour soi y compris dans l’achat des matériels et des produits. Nous n’avons pas d’amis, nous n’avons que des alliés ou des ennemis  disait Churchill. C’est le plus fort, le plus riche ou le plus agressif qui emporte la mise.  Ceux qui ont anticipé ont un avantage réel car ils ont pu se préparer et agir tandis que les autres essaient de réagir au jour le jour et la sanction économique et sociale est brutale. 

Comme le savent bien les militaires, la solidarité n’existe que dans les troupes entrainées qui partagent des valeurs et des objectifs. L’Europe s’est révélée incapable de répondre à la crise par des actions communes. L’OTAN non plus d’ailleurs. (...) En réalité chacun s’est débrouillé comme il a pu, en fonction de ses moyens, entre ceux qui ont considéré qu’il fallait laisser faire la nature quoi qu’il en coûte et ceux qui ont cherché à éviter la contamination par des mesures allant de l’identification des malades au confinement général.

Alain Juillet em conversa com o editor de Intelnomics, em Lisboa, na sede da AICEP


Au plan des entreprises la crise a fait découvrir pour beaucoup et confirmer pour certains les limites de la mondialisation, l’importance du patriotisme économique, et les conséquences du principe de précaution. L’économie libérale basée sur les échanges à l’échelle planétaire et la création de valeur pour l’actionnaire a montré ses limites. Les ruptures d’approvisionnement en amont ou en aval ont montré que les délocalisations pour raisons financières étaient dramatiques en cas de crise et qu’il fallait disposer de sources proches pour répondre aux imprévus. Tout en développant son niveau d’exportation, le président Trump, adepte de la doctrine de Monroe, y trouvera une raison de plus pour l’appliquer et privilégier son marché intérieur. Le président Xi Jinping fera de même pour continuer le recentrage économique de la Chine sur son propre territoire. Espérons que la France et ses industriels sauront en tirer les enseignements.

Tout le monde a intérêt à faire un retour d’expérience sur ce qui vient de se passer pour en tirer un bilan et de nouvelles approches car rien ne pourra plus être comme avant. Pendant le confinement nos concitoyens ont eu la liberté de penser et de juger leur vie dans leur environnement en sortant du quotidien. Une partie de la société a montré son sens des responsabilités au service de la communauté quand d’autres se complaisaient dans un égoïsme et une lâcheté qui rappelle de noires périodes de notre histoire. Ce courage collectif de beaucoup de ceux qu’on avait vu sur les rond points deux ans plus tôt a montré à la jeunesse qu’il ne fallait ni rêver ni se laisser manipuler par des objectifs sans avenir réel. Le progrès sans limite, la finance sans contrôle ont montré leur incapacité à agir face à un petit virus. Il en sera bientôt de même avec les collapsologues et autres apôtres de la décroissance quand nos concitoyens vont se retrouver dans une crise économique et sociale avec un pouvoir d’achat réel ayant baissé de 10%.

Pour éviter les problèmes et rebondir positivement, l’entreprise va devoir être repensée pour exploiter au mieux les possibilités du numérique en donnant plus de libertés et de responsabilités aux salariés afin qu’ils se mobilisent sur des objectifs à atteindre. Le télétravail a ouvert la porte du management horizontal reposant sur des plateformes collaboratives et de la possibilité de réduire les déplacements et les temps de transports au niveau local, national et planétaire. Nous allons devoir également recentrer les sources d’approvisionnement pour qu’une part suffisante soit proche de la zone d’activité afin d’éviter les ruptures et les dépendances.

Enfin il est temps de pratiquer réellement l'intelligence économique au niveau territorial pour éviter de se faire surprendre ce qui implique d’analyser et de se projeter dans le moyen et long terme. Visiblement les pays du sud de l’Europe n’ont pas su l’utiliser dans cette crise sanitaire. (...)

https://www.asafrance.fr/item/patriotisme-economique-et-solidarite-nationale-2.html?fbclid=IwAR38rKwSpt0DkR0kD4UY59DflzAR3OYt9RfhyxwE759SGYHsJMT0AQSqQXM

Como a China Procura 'Embrulhar' o Vaticano


As discretas negociações entre a China e o Vaticano criteriosamente analisadas pelo australiano “The Diplomat”.



China Could Get a Lot More Than We Think from a Deal with the Vatican


A possible deal between the Holy See and Beijing could have wide-ranging consequences.

By Gabriel Alvarado and Greg Levesque

The ongoing negotiations between the Holy See and Beijing on the selection of Catholic bishops in China is problematic for reasons beyond the fact that it is occurring as the Chinese Communist Party (CCP) is signaling it is tightening control over the management of religious affairs in general.


 Negotiations were troubled from the outset, as both sides entered into talks with different mindsets. The Vatican appears to be negotiating with a focus on its ecclesiastical objectives, while Beijing almost certainly considers a deal as a means to help meet China’s key political objectives, including legitimizing the CCP’s handling of religious affairs and setting the conditions for reestablishing formal diplomatic relations with the Vatican at Taiwan’s expense.


 Behind-the-scenes discussions are customary for the Vatican but doing so could put it at a disadvantage in this case. Beijing is adamant about negotiating bilaterally, particularly around sensitive issues, because it believes, usually correctly, that it gains greater leverage. The South China Sea serves as a case in point — China has avoided settling territorial disputes multilaterally, time and again insisting on bilateral negotiations.


 The deal being discussed between China and the Vatican would allow Beijing to propose candidates for bishop in China and the Vatican to select candidates from the list presented by the Chinese. This, on paper, would appear to effectively give the Holy See veto power, but any bishop that is put forward by Beijing will almost certainly be thoroughly vetted to ensure that no matter who is selected their allegiance will be first and foremost to the CCP. This is similar to how Hong Kong’s chief executive is elected — through an electoral committee that is stacked with members that typically vote in line with Beijing’s interests.


 There is, therefore, little hope that an agreement will accord the Holy See substantially more access to Catholics or a say in the management of its religious affairs in China. Further, recent reshuffling in China’s bureaucracy also does not bode well for a positive outcome. The incorporation of China’s State Administration for Religious Affairs into the United Front Work Department (UFWD) signals the CCP’s intention to consolidate issues of religion under its purview. The recent issuance of a policy document — Religious Affairs Ordinance, No. 686 ( , 国令第686) — and a white paper titled “China’s Policy and Practice of Guaranteeing Freedom of Religious Belief” (中国保障宗教信仰自由的政策和实践) confirms the CCP still approaches its management of religious affairs from the perspective that religion is a potential conduit for foreign forces to undermine its rule, making it highly unlikely the Vatican could secure any substantial concessions.


 There are additional consequences of empowering the UFWD to manage religious affairs. This agency is best known for its work abroad, where it seeks to promote a positive narrative of China. These activities typically translate into ensuring overseas Chinese communities tow the CCP line and entails recruiting them to advocate for pro-Chinese policies in their countries of residence. This is why the UFWD has popped up in recent discussions on Chinese influence operations overseas. The CCP, through the UFWD, might very well strike a deal with the Vatican and broadcast it as legitimizing its management of religious affairs.


 The CCP also is likely to use an agreement with the Holy See to pressure it and Taiwan’s other allies to drop diplomatic ties with Taipei in favor of establishing official relations with Beijing. It is not impossible to imagine a situation where, after striking a deal on the appointment of bishops, the discussion eventually turns to how the Vatican must consider dropping ties with Taiwan if it wants to expand activities or else lose its gains in China. Most countries maintaining official diplomatic ties with Taiwan are in Latin America and the Caribbean, an area that is also home to significant Catholic populations.


 Other faiths also should take note of these developments as the structure of an agreement may serve as a benchmark for future potential ecclesiastical accords. This could be particularly problematic for organizations such as the Church of.....



quarta-feira, 6 de maio de 2020

Como a Mossad Desmantelou o Hezbollah na Alemanha

O recente golpe alemão no terrorismo islamista foi surpreendente. A Alemanha tem feito ao longo dos anos prova de tolerância perante as redes do terrorismo islamista (recorde-se como o "11 de Setembro" foi preparado em Hamburgo...), ao mesmo tempo que vai vendendo armas e dispositivos de alta tecnologia a estados "islâmicos", como o Irão e outros. Por isso, o golpe no Hezbollah (logo condenado por Teerão...) surpreendeu bastante.

Mas, mesmo em cima do acontecimento, o 'Cipher Brief' levantava a ponta do véu sobre a surpreendente operação alemã: "Mossad reportedly shared information on Hezbollah with Germany prior to ban as Tehran condemns the move".

Mais recentemente, o nosso amigo Giuseppe Gagliano foi mais longe em artigo publicado no "Start Magazine":


Qual è stato il ruolo del Mossad in Germania nell’operazione anti Hezbollah. L’articolo di Giuseppe Gagliano


In un articolo precedente si è parlato della decisione della Germania di interdire sul suo territorio tutte le attività di Hezbollah.

Ebbene due giorni fa il Mossad israeliano ha confermato che quest’operazione è stata possibile grazie alla collaborazione tra l’agenzia di Intelligence israeliana e quella tedesca.

L’agenzia di intelligence israeliana (Mossad) avrebbe informato infatti la Germania delle operazioni di Hezbollah sul suo territorio prima che il paese dichiarasse un completo divieto delle sue attività nel paese.

Il Mossad avrebbe effettuato un’operazione delicata per un mese per analizzare le attività del gruppo terroristico libanese in Germania presentando poi i suoi risultati ai servizi segreti tedeschi e alle autorità giudiziarie.

In particolare, sembra che il Mossad abbia fornito alla Germania informazioni sui magazzini nel sud del paese in cui Hezbollah nasconde centinaia di chilogrammi di nitrato di ammonio, un materiale usato per fabbricare esplosivi.

Secondo quanto riferito, i servizi di intelligence israeliani hanno fornito informazioni sensibili sulle persone che svolgono un ruolo chiave nelle operazioni di Hezbollah in Germania, ma anche sulle reti finanziarie utilizzate per riciclare denaro e trasferire milioni di euro su conti bancari del gruppo terroristico e per finanziare attività all’interno del paese."

Ou seja, a Mossad entregou a organização do Hezbollah na Alemanha numa bandeja aos "serviços" alemães e também às autoridades judiciais. Tudo muito bem embrulhadinho e sem que nada faltasse... E, para que não restassem dúvidas, dias depois de feito, a Mossad assumiu que assim tinha sido. Portanto, assim fica explicada esta "surpresa" alemã...

Alemanha Prepara a Implosão da União Europeia e do Euro

Alemanha dá mais um passo de gigante na fragmentação da “União” Europeia e o Tribunal Constitucional alemão coloca-se na posição de “imperador” da Europa. No início desta semana, o tribunal da Karlsruhe surpreendeu tudo - Comissão Europeia, Banco Central Europeu, Parlamento Europeu, Tribunal de Justiça da União Europeia e Estados-membros - com uma decisão “alucinante e incrivelmente violenta” que exige uma mudança radical da política monetária do euro e coloca em causa todo o projecto europeu de recuperação da crise causada pelo coronavírus...

A muito imperial decisão alemã analisada pela americana "Geopolitical Futures", de George Friedman:

"Fight to control the ECB 

Germany’s constitutional court on Tuesday issued its latest ruling in a five-year-old case concerning the legality of the European Central Bank’s quantitative easing program known as the Public Sector Purchase Program.

In short, the court ruled that quantitative easing was permitted but that the ECB had failed to justify the PSPP, and that the European Court of Justice was wrong to clear the program. In light of those conclusions, the court said the ECB had exceeded its mandate and gave it three months to show that the economic and fiscal policy effects of the PSPP were warranted, or else the German central bank will be forced to withdraw from the program.

Crucially, the decision is unrelated to the bond-buying program that the ECB launched in response to the coronavirus pandemic, although there will surely be legal challenges in the coming years to that program as well. Frankly, there are more questions than answers at this point, but two stand out.

First is the ruling’s impact on market confidence in the policy instruments of the ECB.

So far, the impact has been relatively weak. (The difference between German and Italian bond yields, a measure of sovereign risk, rose by 20 basis points but at the time of writing had shed half that increase.) Technically, the proportionality test presented by the German court should not be difficult for the ECB to clear – in fact, there’s a strong case to be made that the ECB has already passed the test repeatedly – but it isn’t obvious that the German court will be satisfied. In the event that the German central bank is barred from participating in the PSPP, there are technical workarounds – other member state central banks could buy up German bunds, for example.

The second immediate question, though, concerns the primacy of EU law.

Indeed, a European Commission spokesman said with regard to the court’s decision that “the rulings of the European Court of Justice are binding on all national courts.”

Simply put, as if the coronavirus wasn’t causing enough trouble for eurozone member states, there are choppier waters ahead."

E vista pela parisiense “Marianne”:

Austérité | Maintenant c’est clair, l'Allemagne refuse la politique monétaire européenne

Les jours Euro sont-ils comptés? Nous n'en sommes pas là mais l'attitude de l'Allemagne interroge. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe a rendu hier une décision violente à l'encontre de la BCE, qu'elle soupçonne d'avantager les pays du sud et à qui elle fixe un ultimatum pour «adopter une nouvelle décision». La Cour de justice de l’union européenne (CJUE), en prend également pour son grade, ce qui trahit la méfiance de l'Allemagne vis-à-vis du fonctionnement de l’UE. Elle a pourtant largement profité de la monnaie unique. Aurait-elle peur de perdre ses Mark?

Mathias Thépot | Marianne | 06/05/2020


La Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a rendu ce 5 mai une décision d’une violence rare sur l’emploi du bazooka monétaire par l’ex-président de la BCE Mario Draghi. Preuve que la politique monétaire de la BCE ne convient plus outre-Rhin. La rupture est proche.

C’en est trop pour l’Allemagne. Saisie par des économistes locaux, la très rigide Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a rendu ce 5 mai une décision lapidaire contre la politique monétaire expansionniste de la BCE menée par son ex-président Mario Draghi.

La missive cible plus particulièrement l’emploi du bazooka monétaire à partir de 2015: un programme de 2.000 milliards d’euros de rachat d’actifs publics et privés.

Pour les juges allemands, la BCE n’a pas justifié le principe  sacrosaint en Allemagne  de proportionnalité entre les moyens importants débloqués et sa mission d’assurer la stabilité des prix en zone euro, soit un taux d'inflation proche mais en dessous de 2%.

On soupçonne outre-Rhin que cette politique monétaire aurait davantage servi à subventionner les pays du sud de la zone euro, au détriment de l’épargnant allemand, tout en faisant fi des traités qui imposent de répartir les financements dans la zone à due proportion de la participation de chaque pays au capital de la BCE*.

UN ULTIMATUM DE TROIS MOIS

La Cour de Karlsruhe laisse donc trois mois à l'institution pour "adopter une nouvelle décision démontrant d'une manière compréhensible et justifiée que les objectifs de politique monétaire ne sont pas disproportionnés", sans quoi la Bundesbank (la Banque centrale allemande) pourrait "ne plus participer à la mise en œuvre et à l'exécution des décisions de la BCE en cause".

Autrement dit, l’Allemagne ne participerait plus aux rachats d'actifs!

Et Karlsruhe de rappeler d’un ton infantilisant à la BCE que l'Union européenne n'est pas devenue "un État fédéral" et que les États membres restent les "maîtres des traités".

Mais ce n'est pas tout: la Cour de justice de l’union européenne (CJUE), qui a validé fin 2018 l’usage du "bazooka monétaire" par Mario Draghi, en prend également pour son grade: les juges allemands estiment sobrement que "l’examen entrepris par la CJUE pour déterminer si les décisions de la BCE satisfont au principe de proportionnalité n’est pas compréhensible". Tout simplement !

"C’est un texte hallucinant, incroyablement violent", analyse sous couvert d’anonymat un banquier expert du sujet. Une saillie qui traduit, selon lui, la "méfiance congénitale de l’élite allemande vis-à-vis du fonctionnement de l’UE".

CRAINTE SUR LE PLAN DE SAUVETAGE FACE AU CORONAVIRUS

A la lecture de la décision, impossible en outre de ne pas craindre pour le programme de rachats d'obligations publiques et privées de 750 milliards d'euros lancé mi mars par la nouvelle présidente de la BCE Christine Lagarde, qui a pour but de soutenir l’économie européenne face au coronavirus.

Surtout que Christine Lagarde a clairement laissé entendre que les dettes des pays européens les plus en difficulté financièrement seraient privilégiées, tels l’Espagne et surtout l’Italie, dont la dette était attaquée en mars sur les marchés.

Concrètement, la décision de le Cour de Karlsruhe fait craindre un refus de l’Allemagne dans le cas où l’Italie aurait besoin d’une rallonge supplémentaire au plan de 750 milliards.

"Il paraît inconcevable que la BCE continue de faire gonfler son bilan alors que le pays qui pèse plus de 20 % à son capital soit contre…", estime le même banquier. Les marchés financiers partagent cette analyse: le taux italien à 10 ans a bondi après la publication de la décision de la Cour constitutionnelle allemande, frôlant les 2 %, alors que l’euro reculait face au dollar.

LA QUESTION DE L'ADHÉSION DE L’ALLEMAGNE À L’EURO

Mais plus globalement, cette décision pose la question fondamentale de l’adhésion de l’Allemagne à la zone euro. Car si "l’Allemagne n’est pas contre l’euro, elle veut faire son euro à elle", rappelle l’expert.

Autrement dit, l’euro des années 2000, lorsque Jean-Claude Trichet était président de la BCE qui était alors un "copier-coller de la Bundesbank". Une vision qui a été balayée lorsque Mario Draghi a activé le levier monétaire d’abord pour calmer les marchés financiers fin 2011, puis pour sauver ce qu’il restait des économies du sud de la zone durant la crise des dettes publiques en 2015.

A l’époque, soit "on sauvait l’euro, soit on violait les traités", résume le banquier. Une vision qui n’a jamais été publiquement admise, la BCE préférant avancer "la bonne transmission de la politique monétaire à l’économie" pour justifier le déblocage de milliers de milliards d’euros. C’est toute l’ambiguïté du discours européen, qui agace actuellement outre-Rhin: "les Etats membres ne sont tellement pas d’accord sur les objectifs à atteindre, que l’usage d’une novlangue ambiguë – que ce soit à Bruxelles ou à Francfort – est de mise pour ne vexer personne, ajoute le banquier déjà cité.

Désormais, le bilan de la BCE ne cesse de gonfler et est devenu, selon l’expression consacrée, "un monstre à QE (quantitative easing) permanent". Une politique viscéralement rejetée par la doxa monétaire allemande.

LES ALLEMANDS ONT POURTANT BIEN PROFITÉ DE L'EUROPE

Au reste, la politique monétaire expansionniste de la BCE a bon dos. Car l'Allemagne a profité durant des années d'une monnaie unique calquée sur l'ancien Deutsche Mark "pour mettre en œuvre une politique économique déraisonnable", rappelle l'expert. Une politique déséquilibrée où les excédants générés par les exportations allemandes n'ont pas été suffisamment réinjectés dans l'économie européenne, au mépris de la solidarité prévue dans les textes.

Des excédents que l'Allemagne a préféré investir sur les marchés financiers  participant notamment au gonflement de la bulle immobilière espagnole durant les années 2000 , créant "beaucoup de tensions non résolues" sur le vieux continent.

Bref, l'Allemagne va devoir faire un choix, car il paraît clair que "si l’on gère les finances publiques et la politique monétaire comme l’Allemagne le voudrait, ce serait la fin de la zone euro", ajoute le banquier. Les pays les plus en difficulté ne pouvant pas survivre à de nouvelles cures d'austérité. Mais si l'Allemagne n’infléchissait pas sa position, "on ne voit pas comment un système comme l’euro pourrait durer". Et la décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe mènerait alors à point de non retour.

*au 1 février 2020, la participation au capital de la BCE de la Bundesbank était de 21,5%, la Banque de France de 16,6%, la banque centrale d'Italie de 13,8%, et celle d'Espagne de 9,7 %.


E ’lida’ por um (aterrado) consultor de investimento:

“La nouvelle de cette semaine l'a encore prouvé: la Cour Constitutionnelle Allemande vient de juger que les quantitative easing de 2015 (2700 milliards quand même) enclenchés par la BCE étaient illégaux!!! Elle lui donne 3 mois pour se justifier...

Comme le dit Olivier Delamarche, les chances grandissent chaque jour que l'euro vole en éclats.

La crise de 2020 s'annonce cataclysmique pour les Européens.”

Covid-19 = Paralisação Estratégica

O actual ataque viral (e vital...) que paralisa e desarticula as economias e as democracias do Ocidente corresponde totalmente ao que os grandes teóricos ocidentais da guerra, tanto Liddel Hart como Fuller, classificam de “paralisação estratégica” do inimigo.

O contraponto chinês a Fuller e Liddel Hart encontra-se na obra teórica de dois coronéis chineses com o muito explícito título de “Guerra Irrestrita”, uma guerra em que “tudo é permitido, nada é proibido”...

No campo ocidental e nesta matéria de “guerras irrestritas”, é de leitura imprescindível a análise pioneira "Stratégie Indirect et Matrice Culturelle Chinoise - Réflexions autour du Traité de l'Efficacité", assinada H. (um dos principais dirigentes maoístas da Europa dos anos 60/70, actualmente coronel e professor da Academia Militar do seu país), a propósito do “Traité de l’Efficacité” de François Jullien, a consultar aqui: https://www.infoguerre.fr/fichiers/traite_efficacite.pdf




terça-feira, 5 de maio de 2020

Levanta-se Reacção Global Contra a China

Do Indo-Pacífico à Europa passando por África, são cada dia mais os Estados que querem ver a China castigada pela sua "gestão" do coronavírus. Ao mesmo tempo, nos Estados Unidos alarga-se o número de políticos, de opinion-makers e de eleitores que exigem a Trump que "bata forte" na China e deixe de usar "paninhos quentes" na relação com Pequim. Ou seja, falhou totalmente a estratégia de desinformação de Pequim, que começou por ocultar a verdade sobre o vírus e passou depois a uma muito agressiva guerra de informação para nos impor a sua versão, sem discussões nem direito a perguntas... Este episódio veio demonstrar que o departamento de propaganda do PC Chinês está longe de dominar as subtilezas da guerra de informação pelos conteúdos. A Dezinformatsiya russa do velho KGB tinha uma imensa vantagem sobre os seus homólogos do PC Chinês: soube cativar e integrar na sua rede alguns dos mais sofisticados intelectuais e artistas do Ocidente. Da cultura ocidental, a dezinformatsiya chinesa mostra não perceber nada... Assim, como lhes explicaria Sun Tsu, numa guerra de informação contra o Ocidente, só podem perder. E, em consequência, perder reputação como agora aconteceu, deixando a confiança na China a tender para zero. 
O New York Times regista, no seu modo, como a China perde a guerra de informação do "vírus de Wuhan".

A Global Backlash Builds Against China

As calls for inquiries and reparations spread, Beijing has responded aggressively, mixing threats with aid and adding to a growing mistrust of China.

Steven Erlanger | New York Times | May 4, 2020

Parada de pessoal hospitalar em Wuhan, China


BRUSSELS — Australia has called for an inquiry into the origin of the virus. Germany and Britain are hesitating anew about inviting in the Chinese tech giant Huawei. President Trump has blamed China for the contagion and is seeking to punish it. Some governments want to sue Beijing for damages and reparations.

Across the globe a backlash is building against China for its initial mishandling of the crisis that helped loose the coronavirus on the world, creating a deeply polarizing battle of narratives and setting back China’s ambition to fill the leadership vacuum left by the United States.

China, never receptive to outside criticism and wary of damage to its domestic control and long economic reach, has responded aggressively, combining medical aid to other countries with harsh nationalist rhetoric, and mixing demands for gratitude with economic threats.

The result has only added momentum to the blowback and the growing mistrust of China in Europe and Africa, undermining China’s desired image as a generous global actor.

Even before the virus, Beijing displayed a fierce approach to public relations, an aggressive style called “Wolf Warrior” diplomacy, named after two ultrapatriotic Chinese films featuring the evil plots and fiery demise of American-led foreign mercenaries.

With clear encouragement from President Xi Jinping and the powerful Propaganda Department of the Chinese Communist Party, a younger generation of Chinese diplomats have been proving their loyalty with defiantly nationalist and sometimes threatening messages in the countries where they are based.

“You have a new brand of Chinese diplomats who seem to compete with each other to be more radical and eventually insulting to the country where they happen to be posted,” said François Godement, a senior adviser for Asia at the Paris-based Institut Montaigne. “They’ve gotten into fights with every northern European country with whom they should have an interest, and they’ve alienated every one of them.”

Since the virus, the tone has only toughened, a measure of just how serious a danger China’s leaders consider the virus to their standing at home, where it has fueled anger and destroyed economic growth, as well as abroad.

In the past several weeks, at least seven Chinese ambassadors — to France, Kazakhstan, Nigeria, Kenya, Uganda, Ghana and the African Union — have been summoned by their hosts to answer accusations ranging from spreading misinformation to the “racist mistreatment” of Africans in Guangzhou.

Just last week, China threatened to withhold medical aid from the Netherlands for changing the name of its representative office in Taiwan to include the word Taipei. And before that, the Chinese Embassy in Berlin sparred publicly with the German newspaper Bild after the tabloid demanded $160 billion in compensation from China for damages to Germany from the virus.

Mr. Trump said last week that his administration was conducting “serious investigations” into Beijing’s handling of the coronavirus outbreak. He has pressed American intelligence agencies to find the source of the virus, suggesting it might have emerged accidentally from a Wuhan weapons lab, .....


terça-feira, 28 de abril de 2020

Esta Pandemia Altera Brutalmente o Mundo e a Guerra dos Dados Vai Mesmo Acontecer 

A pandemia Covid-19 altera brutalmente o mundo e os seus equilíbrios geopolíticos. Mais, a pandemia acelera o processo de digitalização das economias e o pós-crise que se desenha parece-se já a uma luta sem tréguas pelo controlo dos nossos dados... O nosso amigo Franck DeCloquement faz, no texto abaixo, uma análise deste “novo mundo”, que introduz "inimagináveis" mudanças geopolíticas, económicas e sociais, e esboça uma topografia dos afrontamentos, entre China e Estados Unidos, pela hegemonia global. E com estes afrontamentos, esta guerra (por enquanto ainda não abertamente militar) tudo muda. Como o Franck conclui, “Ce temps où nous allions au théâtre et où les financiers regardaient les variations des cours du pétrole est révolu. C’était il y a seulement un mois…Il y a un siècle…”


Franck DeCloquement | Atlantico | 23 avril 2020

Atlantico: Le régime chinois développe partout dans le monde une véritable «diplomatie de la santé», et Pékin s’attache plus que jamais à pousser ses pions au sein des institutions internationales comme l’OMS, s’attirant au passage les foudres de Washington. Cette offensive est-elle le début d’une nouvelle «guerre froide» avec le monde occidental?

Franck DeCloquement: Lorsque Alexandre Adler publie en 2002 «J’ai vu finir le monde ancien», son titre était particulièrement juste, et il pourrait tout autant l’être aujourd’hui. 

L’épidémie de COVID19 est une surprise stratégique notable, et un point de basculement patent pour notre monde né de la fin de la Guerre froide. Un monde structuré autour de la mondialisation des échanges et l’explosion du terrorisme islamique.

Par ailleurs, les nouveaux gisements de richesses que constituent les biotechnologies sont avant tout alimentés par les datas, cette matière première du nouveau siècle. L’après-crise qui se dessine d’ores et déjà ressemble à une lutte sans merci pour leur contrôle. Plus que le virus en lui-même, la Chine, par son exploitation politique actuelle de la pandémie, fait entrer le monde dans cet autre temps qu’est «La guerre hors limites» théorisée par deux officiers Chinois: Wang Xiangsui, Qiao Liang.

Ainsi les sénateurs Olivier Cadic et Rachel Mazuir, de la commission des Affaires étrangères et des forces armées ont déclaré: «Nous assistons au développement d’une stratégie d’influence particulièrement active de la Chine, sous un narratif vantant l’efficacité de son modèle de surveillance généralisée (…) une guerre de la communication est enclenchée, destinée à réécrire l’Histoire pour préparer une reconfiguration du paysage géopolitique de l’après-crise.» On ne saurait mieux dire en l’occurrence l'Art de la ruse et de la guerre asymétrique…

Cette «diplomatie de la santé», qui surgit régulièrement lors des crises sanitaire de ce type, n’est pas propre à Pékin. Cuba bien sûr, mais aussi la Russie et la Turquie, de même que la France et plus récemment les Etats-Unis, la mettent en pratique. Ce qui est nouveau, c’est que cette aide chinoise s’adresse non seulement à ses alliés, mais aussi à Andorre, aux collectivités françaises d’outremer, et même aux Etats-Unis d’Amérique! De plus, il ne s’agit pas seulement d’une aide d’Etat, mais elle mobilise aussi des fondations, des provinces, des entreprises locales... Et si la distinction entre public et privé est très relative sous l’égide du PCC, cette variété d’acteurs sur la scène internationale, au service du narratif chinois, est une première…

Il est intéressant de noter que ces aides ne sont pas sans contreparties. Elles sont extrêmement ciblées et soumises à conditions: la Chine recherche avant toute chose des débouchés pour ses solutions technologiques de santé, et à imposer son entrée à quiconque s’y opposerait sur le marché des technologies de l’information dans certains pays. Stratégie de contournement oblige.

Ainsi, Pékin s’immisce insidieusement mais sûrement dans les systèmes de visioconférences en Turquie et en Italie, et offre de développer l’intelligence artificielle (IA) pour les hôpitaux en Equateur, se place partout en candidat incontournable aux marchés de la 5G, et souhaite surtout implanter son champion national Huawei dans les pays qu’elle soutient.

Aussi, ces contreparties manifeste ne sont pas sans conséquence ni impact sur l’autonomie stratégique de ces pays. Créant dans la foulée de nouvelles dépendances politiques, financières et technologiques, et évinçant sans ménagement les concurrents occidentaux, dont la France…

Car c’est bien une vision alternative de l’ordre international que promeut Pékin dans le traitement politique de cette crise sanitaire, tout en reposant sa puissance future sur deux piliers: la santé et le numérique. Deux domaines d’activité phare qui vont de pair désormais, et qui ont aussi vocation à contrôler de biais, nos perceptions et nos vies, à défaut de toujours vouloir les sauver…

Ironie de l’histoire, notons au passage que Pékin est actuellement sollicité et même courtisé par toutes les nations du monde, dont la nôtre au premier chef, pour se fournir en masques de protection FFP2 contre le COVID19, alors même que le régime Chinois a visiblement grandement tardé à nous prévenir sur les risques réels encourus. Nous cachant de nombreuses informations d’importance qui auraient pourtant été vitales de connaitre d’emblée sur le nouveau coronavirus, afin de l’endiguer au plus vite. La fable du «pompier pyromane», toujours et encore…

Dès que les déplacements internationaux seront à nouveau permis d’ici à quelques semaines ou quelques mois, il faudra être très attentif aux futures visites d’Etat de Xi Jinping, qui a l’occasion du 100e anniversaire du PCC, sera le promoteur actif et zélé de cette nouvelle géopolitique des datas en faveur des objectifs stratégiques et prioritaires de son pays.

Atlantico: Les Etats-Unis semblent être en retard et furieux de cette nouvelle «influence chinoise» qui se développe à grand pas. Est-ce à dire que leur gestion géopolitique de la crise, à l’image de leur gestion sanitaire, est le grand perdant de ce nouveau bras de fer sur la scène internationale qui se dessine?

Les Etats-Unis sont la première économie du monde, et le pays qui détient le plus grand nombre de brevets. Et ceci, en partie grâce à sa détermination sans failles et sa capacité financière à investir dans la recherche. Il ne faut donc pas sous-estimer la puissance de rebond de ce pays, pas davantage que celle, personnelle et politique, de Donald Trump.

Et ne pas oublier non plus que le président des Etats-Unis a moins de pouvoir sur la scène intérieure de son pays, que n’importe quel autre chef d’Etat, car il s’agit d’un pays fédéral, construit autour de la protection du citoyen. Et que relativement à sa population, les Etats-Unis d’Amérique ne comptent à ce jour pas plus de malades du COVID 19 que la Suisse.

Bien sûr, la crise économique à venir frappera durement Washington comme le monde entier. Mais la capacité américaine à mobiliser ses ressources doit dès à présent être observée de très près. Car l’économie américaine a besoin avant toute chose d’exporter, et donc de clore rapidement ce chapitre désastreux de la pandémie virale.

Donald Trump a lancé toutes les forces vives de son pays dans la recherche tous azimuts du vaccin, comme dans le redressement de son économie qui devra impérativement intervenir avant le mois de novembre. Date buttoir des prochaines élections présidentielles américaines le concernant.

Mais les entreprises de haute technologie, comme les autres, connaîtront des jours difficiles. Et des concentrations sectorielles sont à prévoir, mais aussi des rééquilibrages dans la valorisation des start-up, voire des difficultés de financement pour les levées de fonds. Un changement de modèle financier doit être anticipé, qui privilégiera sans doute des rentabilités de court terme.

Mais la planète «Amérique» connait elle aussi une tectonique très particulière: le pays qui a vu naître les GAFAM et les réseaux sociaux, ces magnifiques machines de guerre à capter et engranger les données personnelles du monde entier, ne reste pas les bras croisés devant les coups de boutoir du Chinois Alibaba!

Un géant pharmaceutique comme Gilead Sciences, qui a investi des milliards de dollars dans la recherche d’un vaccin contre le Sida, sans résultat à ce jour, a gagné plus de 16% en bourse en une seule journée après la publication de résultats encourageants sur l’efficacité d’un antiviral contre le Covid-19: le «Remdesivir». Un médicament pourtant couteux, et qui n’est sans doute pas destiné aux marchés émergents s’il devait être commercialisé… 

Mais pour ces laboratoires, il faut à tout prix rester dans la course au traitement, et protéger coûte que coûte sa surface financière. Et cela, quels que soient les résultats réels des recherches en cours. Il leur faut aussi et naturellement se préserver pour les combats titanesques à venir.

De leur côté, les mastodontes «Apple et Google» ont créé une plateforme logicielle commune «clé en mains», qui est d’ores et déjà offerte gratuitement aux gouvernements du monde entier. Le tout, au prétexte de mettre en place des stratégies de «tracking intelligent» des populations infectées par le nouveau coronavirus, à des fins de bonne gestion sanitaire.

Souvenons-nous de ce dicton populaire: «si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit.» Car l’objectif est bien là: la captation massive de nos données qui est l’un des moteurs de la nouvelle économie. Et dans ce registre, les Américains ont plusieurs longueurs d’avance sur le reste du monde. Et cela, même face à un régime chinois très investi dans la reconnaissance faciale de sa population.

N’acceptons-nous pas également, bien trop facilement, de payer très cher une technologie mobile qui référence nos empreintes digitales personnelles par le truchement de nos téléphones portables. Et le tout, sans savoir exactement ce qu’elles deviennent ensuite, alors même que nous refusons par ailleurs de le faire gracieusement et civiquement, au bénéfice des services de renseignement ou de police de notre propres pays dont les actions régaliennes sont pourtant strictement encadrées par la loi française?

Ce paradoxe majeur est la clé même de la richesse et de l’énorme puissance de ces entreprises. Des richesses qui ne sont pas que financières, mais qui sont avant tout aussi celles des masses de données qu’elles stockent, qu’elles véhiculent et qu’elles investiguent inlassablement: les nôtres! Le Pentagone lui ne s’y est pas trompé, nouant à l’envie depuis bien des années d’énormes partenariats avec le top five de la Tech.

Atlantico: Cette véritable «guerre des données» que vous décrivez peut-elle changer le monde de la santé, et la santé du monde?

La fondation Bill et Melinda Gates vient de consacrer plus de 250 millions de dollars pour la recherche d’un vaccin contre le COVID 19 et «renforcer la détection dans les pays les plus pauvres». Il est fort à parier qu’il ne s’agit pas là uniquement d’une action caritative et désintéressée, au sens strict, en réaction à l’actualité immédiate, mais bien d’une stratégie d’investissement et d’influence de long terme.

Déjà, lors d’une conférence TED en 2015, Bill Gates évoquait ouvertement la question relative aux pandémies virales, tirant les enseignements de l’épidémie d’Ebola que le monde venait de connaître l’année précédente.

De même, le 3 mai 2009, Jacques Attali, l’emblématique ancien conseiller spécial de François Mitterrand, et actuel président-fondateur de «Positive Planet», évoquait dans une chronique intitulée «changer par précaution», l’occurrence d’une pandémie qui inspirerait un gouvernement mondial après les affres de la crise de H1N1. Il prônait à cet effet la mise en place de mécanismes de «prévention et de contrôle et des processus logistiques de distribution équitable de médicaments et de vaccins.» Sans préciser la forme exacte et les contours de ce dispositif, dont on devine à mi- mot qu’il devrait reposer pour l’essentiel sur l’utilisation d’un substrat de bases de données planétaires…

Car derrière ces investissements extrêmement massifs dans les secteurs de la santé, se dressent dans la pénombre des industries de pointe, celles des biotechnologies, qui regroupent la pharmacie, l’agroalimentaire, les questions environnementales, la chimie verte…

Au demeurant, tout ce que le monde moderne peut produire d’innovant dans les domaines de la santé et de l’alimentation qui sont aussi les deux faces de la vie humaine. Or, ces biotechnologies sont un enjeu majeur pour les marchés émergeants que sont l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique du Sud.

Elles sont avant tout un enjeu prioritaire pour les laboratoires qui doivent répondre à des exigences de santé bien sûr, mais aussi à des objectifs de production et de rentabilité, donc de marché.

Or, les datas et l’intelligence artificielle (IA) permettent d’anticiper sur les besoins des Hommes, d’influencer et d’agir sur leurs perceptions, voire de prédire leurs comportements individuels et collectifs.

Ceci est vrai pour l’économie (Nudge – économie comportementale), mais aussi indispensable pour les nouvelles pratiques politiques à travers l’indéniable montée en puissance des stratégies de Big-Data électorales. «Dis-moi qui tu es, je te dirai pour qui voter», titre tiré de l’excellent ouvrage d’Anaïs Theviot dont on ne saurait que trop conseiller la lecture.

Ceci explique qu’un géant de l’informatique comme Microsoft soit autant investi dans la recherche médicale. Et que Google soit au rendez-vous du tracking des populations infectées par le Covid19. De même que leur actionnaire commun: BlackRock, qui a créé dès 2017 à Londres un ETF (Exchange Traded Fund, ou fond coté en bourse) spécialisé sur les biotechnologies: iShares Nasdaq US biotechnology UCITS. BlackRock toujours, qui était présent lors du One Planet Summit de Paris en 2018, et qui a été associée au Climate Finance Partnership (CFP), destiné à investir dans des structures climatiques destinées aux marchés émergents.

En réalité, cette pandémie catalyse et entérine un changement de paradigme économique et financier notable: des fortunes vont changer de mains, créant de nouveaux pouvoirs, de nouvelles allégeances, de nouvelles interdépendances avec de nouvelles exigences et de nouvelles ambitions planétaires, pas toutes nécessairement teintées d’humanisme béat…

Atlantico: Dans cette configuration géopolitique, et à l’échelle du monde, la France a-t-elle des atouts à faire valoir ou est-elle condamnée à disparaître, écrasée entre deux «Data-puissances»?

Notre pays s’est toujours vécu comme une puissance d’équilibre, très jalouse de sa souveraineté pour continuer à peser dans les affaires du monde. C’était l’obsession du général de Gaulle, pour ne pas voir disparaître la France de l’Histoire, même au cœur des affres de la Guerre froide.

Dans le monde digitalisé qui est le nôtre, nous ne sommes pourtant pas démunis, même si nous n’avons aucun GAFAM. Et ne rêvons pas, nous n’en aurons jamais pour une raison assez simple et structurelle au fond: dans un pays fait d’institutions, de plafonds de verre et de normes administratives ubuesques et castratrices issues de la haute fonction publique, l’ambition des entrepreneurs et des créateurs s’effacent toujours devant le pouvoir incommensurable et l’hégémonie des administrateurs et des gestionnaires. Et cela, même si le «talent» ni le flair de certains d’entre eux ne nous a pas spécifiquement sauté aux yeux ces dernières années…
Nous sommes une vieille nation structurée autour d’un Etat traditionnellement fort, qui donne une part essentielle à la position sociale de chacun (certains parleraient ici de «classes» ou «d’ordre»). Alors que les Etats-Unis, à contrario, offrent et récompensent celui qui prend délibérément son risque, et pousse ses chances de réussite au maximum.

Car dans ce contexte concurrentiel universel («greed is good»), et sous ce prisme idéologique du «chacun contre tous», le succès individuel fonde et renforce la cohésion de groupe. Pour sa part, la France demeure un Etat social qui protège traditionnellement les plus faibles, mais d’où en contrepartie personne n’émerge véritablement au fond, et ou les seules têtes qui dépassent doivent être doctement labélisées, parrainées ou dûment sponsorisées par les castes en place.

Cependant, et pour préserver les conditions de sa souveraineté, à commencer par celle de ses données, la France a hérité de son histoire des collectivités outremer sur tous les continents et dans tous les océans. Cela signifie que partout dans le monde, elle pourrait aisément stocker et protéger les données des particuliers et des entreprises dans des Datacenter en territoire souverain.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Pire, les communications (donc toutes nos données) transitent par des câbles sous-marins, véritables dorsales stratégiques. Or, pour relier les Amériques à l’Europe, tous ces câbles passent irrémédiablement par… les Etats-Unis d’Amérique. «L’ami américain». Pas un seul ne relie les Antilles Françaises ou la Guyane (pourtant port spatial européen essentiel) directement à la France. Ce qui offrirait une solution alternative à la curiosité sans faille de la NSA pour nos données nationales, comme pour celles d’autres pays. Or, ces câbles sont en outre un élément-clé de la réussite du projet «e-santé», qui permet à chaque Français d’outremer de bénéficier à distance des savoir-faire des meilleurs spécialistes en médecine de la métropole.

De la même façon, la France manque drastiquement des «chevilles ouvrières» stratégiques pour le monde numérique d’aujourd’hui et de demain: les codeurs! Alors que des Français de talent s’exilent chaque année aux Etats-Unis pour créer d’initiative des leaders dans le monde à des fins de réussite personnelle, à l’image de l’école du code Holberton en Californie considérée comme l’une des meilleurs au monde selon Vinton Cerf lui-même dans Forbes, (co-inventeur avec Bob Kahn du protocole TCP/IP, il est considéré comme l'un des pionniers de l'internet), nous restons pourtant toujours enlisés dans des discussions sans fin pour créer ou implanter de telles structures d’enseignements prioritaires sur tous nos territoires.

Etablissements indispensables qui pourraient aussi offrir des débouchés immédiats et indéniables à tous nos compatriotes ultramarins, dont 40% des moins de 25 ans sont au chômage… De telles écoles ont vu le jour aux Etats-Unis, en Colombie, en Tunisie ou en Israël, mais aucune encore à Paris, qui se targue (à juste titre) d’être la capitale européenne des start-up et de l’innovation… Que fait la BPI?

A quoi devons-nous de perdre les premières batailles de toutes les guerres? Sans doute au choix des hommes, qui arrivés au fait de leur carrière, continuent d’appliquer les schémas tactiques rassurants mais datés de leur jeunesse. L’expérience rassure, certes, mais comme disait Brassens, elle est aussi «le privilège des c…»

Ainsi de notre champion national des biotechnologies et de la recherche médicale, héritage de plusieurs générations de médecins et d’entrepreneurs ambitieux: BioMérieux. Pour diriger sa fondation, cette entreprise leader a embauché l’an passé le général Bosser, ancien officier parachutiste devenu chef d’état-major de l’armée de terre. Sans doute pour ses talents d’organisateur et son carnet d’adresses africain fournis, moins pour ses compétences en matière de biotechnologies. Et pendant ce temps, Cedric O, aujourd’hui secrétaire d’Etat chargé du numérique (l'un des créateurs du mouvement présidentiel, et ancien organisateur de la «French Tech» de Las Vegas), qui avait d’ailleurs lancé la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, se tourne vers la solution «clef en main» - made in USA - «Apple-Google» pour l’application «StopCovid», un projet d’ingénierie sociale qui ambitionne pourtant de traquer les Français et leurs données à des fins de bonne gestion sanitaire.

Plutôt que d’armer la France par elle-même, ce proche du pouvoir préfère d’ores et déjà la livrer toute entière aux propositions «amicales» (et que l’on ne saurait sans doute refuser) à ses concurrents internationaux. Ses «meilleurs alliés» en somme, dans le cas présent. Etrange posture française, paradoxale et récurrente, chez nos stratèges d’Etat.

Marc Bloch aurait lui sans doute évoqué le terme «d’étrange défaite» aux yeux de certains observateurs. «Bon sang ne saurait mentir»: la diplomatie d’influence américaine ne s’y est d’ailleurs pas trompée. Delphine O, spécialiste des relations internationales, devenue, en mai 2019, ambassadrice — la plus jeune de l'histoire française à occuper ce poste —, secrétaire générale de la conférence mondiale de l’Organisation des Nations unies sur les femmes, apparaît aussi dans la promotion 2019 des «Young Leaders» de la French American Fondation: «En trente-huit ans, ce programme de la French-American Foundation, dont l'ambition est de resserrer les liens transatlantiques, a identifié des centaines de têtes bien faites, âgées de moins de 40 ans, et déjà sur les rails du pouvoir» selon les Echos.

Doux euphémisme pour certains, être allié devrait pourtant nous conduire à être beaucoup plus lucides et parfois même critiques selon les mots mêmes d’Olivier Marleix, vice-Président du Cercle Jefferson. Une véritable et franche amitié ne saurait d’ailleurs s’en offusquer. Rappelons-nous en à juste titre, à travers cette citations fort à propos des «Petites proses» de Michel Tournier: «La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité.» Doit-elle encore être équilibrée. France-Amérique, une histoire d’amour souvent contrariée: «Je t’aime… moi non plus» chantait Gainsbourg.

En l’Etat, le choix des hommes, de leurs réseaux, de leurs allégeances extérieures conditionne toujours l’avenir, mais également, les choix du présent.

Le nouveau monde n’est définitivement pas celui d’Orwell mais bien le nôtre, celui que nous avons voulu, celui pour lequel nous avons voté sans nous y intéresser vraiment. Nous y sommes entrés de plain-pied à l’occasion de cette pandémie mondiale, et ses conséquences géopolitiques, économiques et sociales sont encore inimaginables à ce jour pour la France. Il est bien trop tard pour regretter nos carences, notre impréparation et notre myopie d’hier. Notre étrange défaite en somme.

Ce temps où nous allions au théâtre et où les financiers regardaient les variations des cours du pétrole est révolu. C’était il y a seulement un mois… Il y a un siècle…

sexta-feira, 24 de abril de 2020

Falha de Segurança dos iPhones: À atenção de Ministros, CEO's e outros 'high-profile users'

There’s a severe security flaw in half a billion iPhones. US cybersecurity firm ZecOps discovered a bug in the iOS Mail app on phones and iPads, which it said had already been exploited in attacks against multiple high-profile users dating back to January 2018. Apple will roll out a fix in a forthcoming update.


Alea Jacta Est... Trump Manda Evacuar Teerão

Trump, 17.06.2025